• Axel Couton

Doit-on féminiser la langue française ?


La langue française doit-elle être féminisée, et si oui, comment y parvenir ?


C’est la question que je me pose ces derniers temps.

J’ai toujours été pour l’égalité femme-homme, pour l’équité salariale, pour la pénalisation du harcèlement et des violences faites aux femmes, et je soutiens les actions visant à améliorer de manière générale la vie des femmes.


Cela me semble être une évidence, purement et simplement : les femmes doivent pouvoir bénéficier des mêmes conditions, des mêmes chances, des mêmes opportunités que leurs homologues masculins.


Étant traducteur de profession, je m’intéresse aussi aux évolutions linguistiques, notamment en ce qui concerne la féminisation de la langue. Et mon constat est le suivant : la langue française ne participe non seulement pas à l’égalité femme-homme, mais lui fait parfois totalement obstacle.


Parce que l’être humain transmet des idées sous le prisme du langage, la langue façonne à son tour notre réel, véhicule nos opinions, mais aussi nos préjugés.

La fameuse règle du « masculin l’emporte », me semble aujourd’hui poser un véritable problème, parce que le langage façonne le réel. Dans ces conditions, quelles valeurs transmet-on aux jeunes filles et aux femmes ? Comment peuvent-elles s’identifier en lisant des textes systématiquement tournés au masculin ? Comment peuvent-elles s’affirmer professionnellement en adoptant des titres masculins ? Comment une jeune fille peut-elle envisager un métier traditionnellement masculin ?


J’aime ma langue française, et j’en suis un ardent défenseur. Je vois d’un mauvais œil l’utilisation constante et progressive des anglicismes, sans pour autant accueillir toutes les idées éculées des organismes qui codifient notre langue.

Lorsqu’on me l’a présentée, l’initiative de l’écriture inclusive m’a semblé mauvaise, lourde, peu pratique. Je validais ses principes, sans pour autant sanctionner sa forme.


J’ai tout de même décidé de m’y essayer, pour en faire un peu l’expérience.

Le résultat est à ce jour mitigé : je salue l’initiative, et elle me semble adaptée à certaines situations, notamment les publications courtes, mais je ne me vois pas tout rédiger de cette manière.


Alors que l’Académie française décide de féminiser « La COVID-19 », sous prétexte que l’acronyme issu de l’anglais désigne « la maladie du coronavirus », mais rechigne encore à la féminisation de nombreux titres, tels que « cheffe de projet », « maîtresse de conférence », que faut-il retirer de tout cela ?

Je suis bien conscient que certaines appellations, notamment le mot « maîtresse » sont empreints d’autres connotations, ce qui rendent l’adoption du titre « maîtresse de conférence » plus difficile pour certaines femmes.


Néanmoins les usages évoluent, qu’on le veuille ou non, et reste à savoir quelle image véhiculera notre langue de demain. Faut-il utiliser les expressions les plus neutres possibles pour supprimer les différences de genre, ou est-ce que cela contribue à l’invisibilité des femmes dans la société ?

Plus nous utiliserons ces termes, plus ils nous sembleront naturels, et les générations futures ne comprendront même pas nos controverses actuelles.


Notre langue est bien plus qu’un simple outil, elle est l’extension de notre pensée, et par conséquent de ce que nous sommes. Elle est également le reflet d’une époque.


Que vous soyez traducteur·trice, rédacteur·trice, ou pas, que pensez-vous de cette décision de l’Académie française visant à féminiser « la COVID-19 ».


Plus largement, quelles sont vos opinions sur l’évolution de la langue française ?

Est-il souhaitable de la féminiser, et si oui, comment pouvons-nous y parvenir ?



Doit-on féminiser la langue française ?


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